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Du Mont-blanc au Glacier des Bossons
Le
glacier des Bossons issu directement des neiges du sommet du Mont-blanc
déroule, son éclatante blancheur jusqu'aux forêts sombres de la vallée.
Sa
position centrale visible de partout, attire en permanence l'oil du montagnard
en même temps qu'elle frappe tout de suite la vue du visiteur.
Le contraste entre l'étincelante luminosité de sa glace pure et les verts des épicéas et
mélèzes de ses rives, représente un spectacle unique, qui a toujours ravi ceux
qui depuis des siècles, l'ont approché et décrit.
La vie de ce
glacier prestigieux touche directement les chamoniards qui
entendent le grondement fréquent de ses chutes de séracs, bruit qui terrorisait
les anciens. Ils s'émerveillent du changement des ses teintes selon l'heure de
la journée, la saison, l'ensoleillement.
Le glacier s'entoure l'hiver de mystère, comme plus éloigné
des hommes, presque silencieux, figé dans sa froide lumière bleu; parfois
quelques craquements de séracs laissent longtemps des plaies d'écailles vertes.
L'été, dégoulinant d'une lumière scintillante au soleil du matin, il offre à
portée de main, attirance trompeuse, ses vagues brillantes et débonnaires. Que
survienne un orage, et la masse glacée s'assombrit d'un coup, ses teintes ocres
se fondant avec celles des forets riveraines. Aussitôt après, la lumière éclate
à nouveau en une large bande à mi-hauteur, teintes rouges et roses, irréelles et
éphémères, annonciatrice du retour du beau temps. Mais le
glacier n'est jamais
aussi étrange et impressionnant que lorsque souffle le fohn.
De quelqu'endroit qu'il l'aborde, le marcheur ne peut rester
insensible à son atmosphère froide et sauvage, faite de sévérité et de mystère
imposant l'humilité. Une fois chaussés les crampons, c'est toujours avec un
petit pincement au cour que l'on commence à gravir ses pentes de
couleurs.
Caractéristiques générales du glacier :
Le glacier descend en ligne directe du sommet du Mont-blanc
(4810) le plus haut sommet alpin, par une cascade de glace en paliers jusqu'à
l'altitude de 1180 mètres, la plus basse des alpes pour la langue terminale d'un
glacier.
Le dénivelé de 3670 mètres est le plus grand du monde, pour un
glacier descendant d'un
seul tenant du haut du sommet jusqu'à sa base.
Une autre caractéristique du
glacier réside dans son
extraordinaire blancheur. Cette particularité tient au fait que la glace
restante parvenant dans la langue terminale après des années d'ablation au cours
de la descente du
glacier, s'est formée entre 3500 et 4810 mètres d'altitude.
Cette haute altitude de formation de la glace ne se retrouve dans toutes les
alpes qu'au mont rose (4634m). Cela signifie que cette glace de type arctique
(fonte estivale négligeable) est froide, remplie de bulles d'air qui lui donnent
sa blancheur.
D'autre part cette glace ne met qu'une soixantaine d'années après
sa formation pour arrivée au bas de la langue terminale. Elle est donc
relativement jeune, conservant encore dans sa structure ces masses d'air
emprisonnées.
Les autres glaciers alpins sont constitués de glaces formées
beaucoup plus bas, c'est à dire entre 3000 mètres et 3700 mètres d'altitude,
soumises au gel et dégel et à la percolation de l'eau. Ces glaces se retrouvent
plus sombres, plus bleues, dans les langues terminales.
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